Lucile Robichon : une reconversion réussie dans un métier d’avenir !

Bonjour Lucile, merci d’avoir accepté de répondre aux questions de CCI France. Nous sommes ravis de pouvoir mettre en valeur un profil comme le vôtre. Pourriez-vous commencer par vous présenter brièvement ?
Je m’appelle Lucile Robichon, je suis de Cholet. Je suis actuellement en reconversion à Eurespace – La CCI de Maine-et-Loire où je me forme via le BTS FED (Fluide Energie et Domotique) Option A Génie Climatique et Fluidique. Auparavant, je suis sortie d’un bac général Économique et Sociale, puis je me suis tournée vers les métiers de la cuisine par goût de ce monde-là. Après cela, ma compagne ayant un projet de micro-ferme, je voulais pouvoir être utile alors j’ai suivi la formation BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d’Entreprise Agricole) avec une spé Maraîchage Bio.
Quel est le métier que vous préparez et qu’est-ce qui vous a conduit vers ce métier ?
Le métier que je vise en premier lieu est Technicienne de bureau d’étude CVC (Chauffage, Ventilation et Climatisation). Il consiste à réaliser l’ensemble des plans et des dimensionnements grâce aux cahiers des charges afin que le réseau soit fonctionnel, économique et efficace.
Comment avez-vous choisi ce secteur ? Avez-vous toujours eu un intérêt pour ce domaine, ou est-ce une vocation plus récente ?
C’est vrai que ce milieu logique, technique, c’est quelque chose de très stimulant pour moi donc aller vers ce métier me paraissait naturel une fois que le choix était devant moi. Mais je ne pense pas que j’y serais allée de moi-même. Je pense que je ne savais même pas que ce métier existait, pour dire…
Un événement ou une personne a-t-il joué un rôle déterminant dans votre choix ?
Absolument, j’ai eu le privilège d’avoir mon grand frère qui est chargé d’affaires dans les fluides en Guyane. Et c’est grâce à lui que j’ai mis les pieds dans ce monde. Un jour, il m’a dit qu’il aimerait qu’on ouvre une petite entreprise familiale, on ferait des études, lui l’ingénierie et moi le travail chronophage qui ne demande pas trop d’études. Et puis ça m’a tout de suite plu, et je voulais en comprendre plus, « pourquoi on passe le tuyau ici et pas là », « comment tu sais qu’il faut telle puissance » …
Quel regard ont porté votre entourage (famille, amis) sur votre choix ?
Ils avaient confiance mais je pense qu’ils ont quand même cette petite peur qu’en tant que femme je puisse paraître moins crédible auprès de certains acteurs du milieu. Mais l’idée c’est de faire ses preuves.
Aviez-vous des modèles féminins en tête ou connaissiez-vous des femmes qui avaient déjà exercé ce métier et qui vous ont encouragé à faire ce choix ?
Non malheureusement.
Aujourd’hui qu’est-ce qui vous plaît dans le métier de technicien de bureau d’études ?
J’aime la logique de ce métier, j’aime commencer un projet et travailler pour comprendre un maximum les possibilités, les limites du réalisable, les demandes du client… J’aime aussi l’ambiance de travail. Dans mon entreprise, j’ai la chance de pouvoir poser plein de questions et il y a toujours quelqu’un à même de me donner du temps pour m’expliquer. Je vois que même les chargés d’affaires s’entraident beaucoup. Par exemple, il y a beaucoup d’électricité dans le cvc, donc il y a souvent une entraide avec les chargés d’affaires en électricité. Il y a un vrai esprit d’équipe.
Vous suivez une formation en apprentissage. Cela signifie que vous suivez une formation « en classe » au centre d’apprentissage et une formation en entreprise. C’est une charge de travail importante. Pourriez-vous me parler plus précisément de la manière dont la formation est organisée ?
La formation est organisée de manière à presque diviser le temps par deux : deux semaines en entreprise et deux semaines à la CCI. Et pendant les vacances scolaires nous sommes en entreprise. Même si deux semaines peuvent paraître courtes pour suivre un projet (ce qui est vrai), ça permet quand même d’équilibrer le temps de formation théorique et pratique. Personnellement, j’aime bien cette organisation.
Comment s’organise votre temps de formation et votre temps en entreprise ?
Pendant le temps de formation à Eurespace, nous allons avoir des cours tout au long des deux semaines et souvent, à la fin de ces dernières, nous avons des contrôles dans beaucoup de matières. Nous avons aussi un nombre de TP à réaliser la première et la deuxième année.
Lors du temps en entreprise, je vais effectuer des tâches différentes données par mon tuteur. Je peux aussi aller sur chantier pour travailler avec les équipes de terrain ou aller avec un chargé d’affaires pour des rendez-vous ou autre.
Comment gérez-vous la charge de travail et la combinaison des deux composantes de la formation ?
Je pense que c’est le plus compliqué, ce BTS existe aussi en formation initiale (uniquement en centre de formation) et comme nous passons plus de la moitié du temps en entreprise, l’ensemble des savoirs à acquérir est très condensé dans les cours.
Il ne faut pas se laisser dépasser par la vitesse parce que je pense que rattraper un retard peut être très délicat. Après, c’est une super chance d’apprentissage et financièrement c’est rassurant. Personnellement, à mon âge [28 ans], je n’aurai pas pu reprendre les études sans ce salaire. Mais c’est vrai qu’en plus de la semaine de travail, que ce soit en centre ou en entreprise, un travail personnel à la maison est important pour engranger tout ce savoir.
Source 1001 parcours CCI France Publié le 14 mars 2025
